Samedi 23 février 2008
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INITIATIVE. --Onze maires ont écrit au président de la LNR. Ils désirent engager une réflexion sur l'avenir du rugby
dans leurs communes
Les villes moyennes craignent pour l'avenir de « leur » rugby
« Nous souhaitons, Monsieur le président [?] contribuer à l'essor du rugby en France et en Europe en préservant les racines historiques de ce sport dans nos
communes et dans nos départements ». Ainsi s'achève le courrier, cosigné par onze maires du grand Sud-Ouest (1) et adressé à Serge Blanco, président de la Ligue nationale de rugby (LNR). Une
lettre, datée du 11 février, dans laquelle les édiles demandent audience au patron de la LNR, afin d'engager avec lui une réflexion sur les sujets qui préoccupent bon nombre de premiers
magistrats de villes moyennes. « Nos villes de préfectures, de sous-préfectures et nos chefs-lieux de cantons (qui) ont écrit les premiers et beaux chapitres de l'histoire du rugby français »,
notent-ils.
L'initiative de cette missive, datée du 11 février, vient de Philippe Bonnecarrère, maire d'Albi. Elle est née d'un constat. « Les moyens dont disposent les clubs de nos
communes leur laissent peu d'espoir de soulever le prestigieux bouclier de Brennus au Stade de France, peut-on lire. Pourtant, sans eux, aujourd'hui les championnats de France de Top 14 ou de Pro
D2 perdraient beaucoup de leur intérêt sportif et de leur popularité. »
Partant de là, la lettre pose aussi une série de questions « importantes et complexes » qui méritent « d'y consacrer du temps » et d'« être abordées sereinement », afin de
définir « notre place dans le rugby pro de 2020 ».
Mutualisation des moyens. L'une d'entre elles, et non des moindres, demande si la LNR souhaite et dispose des moyens pour «
assurer la pérennité des petites sociétés anonymes sportives grâce à la mutualisation des recettes des droits télévision, multimédia et marketing, et à une syndicalisation de la commercialisation
de nos clubs ? »
« Nous ne souhaitons pas faire la révolution, et il ne s'agit pas d'une attaque contre la Fédé ou la Ligue, mais juste de définir quelle place nous pouvons jouer dans le
rugby professionnel de demain », souligne Philippe Labeyrie. Et pour le sénateur-maire de Mont-de-Marsan, l'un des onze cosignataires, « l'essentiel des recettes de nos SAOS provient d'acteurs du
tissu économique local. Et dans une agglomération comme la nôtre de 40 000 habitants, il n'est pas extensible à gogo, poursuit-il. Seuls les gros clubs bénéficient d'apports de d'importants
sponsors nationaux. Quant aux collectivités locales, qui jouent un rôle déterminant dans le développement et le financement du sport, si elles peuvent à leur guise agir sur les structures des
clubs, elles n'ont pas les moyens de se payer des Mehrtens ou autre Matfield. Et même une fusion avec Dax ne changerait pas la donne. On ne demande pas d'avoir les mêmes moyens que Biarritz ou le
Stade Français, mais juste un peu d'aide. » Sans quoi, le rugby des grandes villes aura vite fait de phagocyter le rugby des villes moyennes.
(1) Albi, Béziers, Brive, Agen, Blagnac, Narbonne, Montauban, Tarbes, Aurillac, Bourgouin, Mont-de-Marsan.